Être tiré de son sommeil ou interrompu pendant le dîner par un appel qui vante une nouvelle assurance ou une box dernier cri : la scène est devenue quasi quotidienne. Un sondage réalisé en 2024 révèle que 97 % des Français se déclarent irrités par le démarchage téléphonique, malgré des règles toujours plus strictes. Pourtant, un Britannique a trouvé le moyen de convertir ces appels indésirables… en source de revenus.
Un fléau téléphonique qui touche presque tout le monde
Entre 2020 et 2024, la quantité d’appels commerciaux non sollicités a bondi de près de 30 % selon les observatoires spécialisés. Les secteurs les plus cités :
- Internet et télécommunication : offres de box, fibre ou forfait mobile
- Énergie : propositions de contrats gaz/électricité “moins chers”
- Assurances santé et emprunteur
- Rénovation énergétique et panneaux solaires
La multiplication d’outils d’appel automatisé et de centres d’appels délocalisés accentue encore le phénomène : jusqu’à 20 appels par semaine dans certains foyers.
Le coup de génie d’un habitant de Leeds
En 2011, Lee Beaumont, fatigué de voir son téléphone sonner sans cesse, décide que la situation doit changer. Plutôt que de bloquer les numéros, il prend une mesure radicale : transformer sa ligne fixe personnelle en numéro surtaxé.
Comment convertir un simple téléphone en machine à cash ?
L’opération réalisée par Lee Beaumont tient en trois étapes :
- Ouverture d’un numéro 0871 (tarifé 10 pence/minute au Royaume-Uni) : coût d’activation 10 £ + TVA.
- Redirection des appels : tous les contacts commerciaux reçoivent ce nouveau numéro tandis que les proches conservent un numéro classique.
- Rémunération : la plateforme de surtaxation reverse 7 pence par minute à l’abonné.
En seulement 18 mois, il engrange 300 £ (environ 345 €). Au bout d’un peu plus de deux ans, le compteur atteint 2 000 £, soit près de 2 300 €.
Les entreprises n’ont pas toujours le réflexe e-mail
Selon Lee Beaumont, « 99 % des sociétés continuent d’appeler alors qu’elles possèdent mon adresse e-mail ». Résultat : chaque conversation publicitaire de cinq minutes lui rapporte environ 0,40 €. Dix appels de ce type équivalent donc à 4 €, et sur une année complète, la somme peut vite grimper.
Pourquoi cette méthode est quasi impossible à reproduire en France ?
Dans l’Hexagone, les numéros surtaxés — dits SVA pour “Service à Valeur Ajoutée” — sont réservés à des activités professionnelles clairement identifiées :
- Services client premium
- Renseignements (numéros en 118)
- Votes ou jeux télévisés
Un particulier devrait prouver l’existence d’une société et d’un service ; utiliser un numéro surtaxé uniquement pour décourager les démarcheurs s’apparenterait à une pratique de “spam vocal” passible de sanctions contractuelles et, potentiellement, pénales.
Le cadre légal français en matière de démarchage
- Appels autorisés du lundi au vendredi, de 10 h à 13 h puis de 14 h à 20 h.
- Interdits le samedi, le dimanche et les jours fériés.
- Un même professionnel : maximum 4 tentatives en 30 jours.
- Après un refus, silence radio pendant au moins 60 jours.
- Amendes pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une société.
Bloctel, DGCCRF : vos alliés pour dire stop
Pour les consommateurs, plusieurs recours existent :
- Bloctel : inscription gratuite, renouvelable tous les trois ans, pour interdire toute prospection commerciale.
- SignalConso : plateforme en ligne permettant de signaler un appel abusif à la DGCCRF ou à la Cnil.
- Filtrage d’appels via les opérateurs ou les applications mobiles : blocage automatique des numéros suspectés de spam.
- Actions sectorielles renforcées : depuis le 1ᵉʳ juillet 2025, les professionnels de la rénovation énergétique non qualifiés s’exposent à 2 ans de prison et 300 000 € d’amende.
En résumé : transformer l’ennui en profit… ou opter pour la prévention
L’expérience de Lee Beaumont montre qu’il est possible de retourner le démarchage à son avantage lorsqu’un cadre réglementaire le permet. En France, la voie est beaucoup plus étroite, voire impraticable pour un particulier. Les stratégies les plus réalistes restent donc la prévention (inscription sur Bloctel, filtrage d’appels) et la répression (signalements auprès des autorités). En complément, rester vigilant et refuser poliment mais fermement les offres non souhaitées demeure la méthode la plus simple pour garder son téléphone… et sa tranquillité.

Maxime est un rédacteur dynamique chez Haldati, apportant une perspective fraîche sur l’architecture moderne et l’innovation en matière de construction. Titulaire d’un master en journalisme, il fusionne sa passion pour l’écriture avec un vif intérêt pour les technologies vertes dans le bâtiment. Maxime se distingue par son habileté à décomposer des concepts complexes en articles accessibles et captivants. Avec un œil pour les détails et un enthousiasme pour les solutions écologiques, il enrichit Haldati de reportages pertinents et inspirants, guidant les lecteurs vers un futur plus durable et conscient de l’environnement.