Alarme type 2b : réglementation, prix et erreurs à éviter

Vous devez installer ou remettre à niveau une alarme incendie de type 2b dans votre établissement (école, boutique, salle polyvalente…), mais vous ne savez pas par quel bout prendre le sujet ? Pas de panique ! Pas à pas, cette fiche vous décrit ce qu’est exactement une alarme 2b, les exigences propres au SSI de catégorie B, les budgets réalistes à prévoir et, surtout, les pièges qui font trébucher bien des commissions de sécurité. Cerise sur le gâteau : un mini-audit express en cinq points pour contrôler vous-même la conformité de votre installation.

1. Alarme type 2b : définition et principes de fonctionnement

Qu’est-ce qu’une alarme de type 2b ?

L’alarme type 2b est un équipement d’alarme incendie pensé pour les ERP de taille moyenne qui relèvent, la plupart du temps, d’un SSI catégorie B. Sa vocation ? Déclencher et diffuser l’ordre d’évacuation lorsqu’un feu se déclare en s’appuyant sur :

  • des déclencheurs manuels (DM) disposés un peu partout dans le bâtiment ;
  • une unité d’évacuation d’alarme (UEA), souvent appelée BAAS (bloc autonome d’alarme sonore et/ou lumineuse) ;
  • parfois un CMSI (Centralisateur de Mise en Sécurité Incendie) qui orchestre les scénarios de mise en sécurité : désenfumage, déverrouillage des issues, etc.

À la différence d’un type 1 ou 2a, l’alarme 2b mise avant tout sur le déclenchement manuel et n’inclut pas systématiquement de détection automatique.

Comment fonctionne une alarme d’évacuation de type 2b ?

Rien de plus simple :

  • Un témoin aperçoit un départ de feu et presse un DM (le fameux boîtier rouge « Appuyer ici »).
  • L’information remonte aussitôt vers l’UEA ou le bloc d’alarme, via le CMSI lorsque celui-ci est présent.
  • Les diffuseurs sonores et/ou lumineux se déclenchent sur l’ensemble de la zone.

Le signal doit atteindre 85 dB(A) à 2 mètres et rester audible dans tous les dégagements et issues empruntés pour l’évacuation. Pas question de laisser un couloir ou un escalier dans l’ombre sonore !

Les différents types d’alarmes incendie : petit rappel

En France, on recense cinq familles d’équipements : types 1, 2a, 2b, 3 et 4. Plus on descend dans la numérotation, plus le système est complet.

  • Type 1 : couplé à un SSI catégorie A, avec détection automatique étendue et scénarios complexes.
  • Type 2a : toujours en SSI B, mais avec détection automatique en complément des DM.
  • Type 2b : notre sujet du jour ; priorité au déclenchement manuel, détection automatique réduite voire absente.
  • Type 3 : BAAS plus simple pour les ERP de capacité modeste.
  • Type 4 : sirène + DM, minimaliste, pour les tous petits locaux recevant peu de public.

Alors, si l’on vous demande « Quels sont les différents types d’alarmes incendie ? », vous avez désormais la réponse !

2. Réglementation et normes : le cadre légal (SSI catégorie B)

C’est quoi, un SSI de catégorie B ?

Le SSI catégorie B occupe une place intermédiaire : il vise les ERP capables d’accueillir un public conséquent sans atteindre les contraintes maximales d’un SSI A. Dans la pratique, on y trouve :

  • un équipement de contrôle et de signalisation (ECS) ;
  • des DM et, parfois, quelques détecteurs automatiques ciblés ;
  • un CMSI chargé de piloter la mise en sécurité (désenfumage, compartimentage, etc.) ;
  • un équipement d’alarme de type 2a ou 2b.

Le tout est encadré par le Règlement de sécurité ERP (arrêté du 25 juin 1980 modifié) et la série de normes NF S 61-9xx.

Zoom sur la norme NF S 61-932

La NF S 61-932 détaille les performances requises des équipements d’alarme : niveau sonore, implantation, alimentation de secours, etc. Concernant le type 2b, elle précise notamment :

  • le seuil sonore minimum et la reconnaissance du signal d’évacuation ;
  • les règles de signalisation lumineuse ;
  • la présence d’une alimentation de sécurité (batteries) opérationnelle même lors d’une coupure secteur ;
  • le raccordement harmonieux au CMSI et aux organes de commande.

ERP concernés : qui doit s’équiper ?

Qui est obligé de passer à l’alarme 2b ? Principalement les ERP de 2e, 3e ou 4e catégorie lorsqu’un SSI catégorie B est imposé. À titre d’exemple :

  • Écoles, collèges, lycées (type R) de taille moyenne ;
  • Magasins ou centres commerciaux (type M) intermédiaires ;
  • Salles de spectacles ou polyvalentes (type L) ;
  • Restaurants, bars, hôtels dépassant certains seuils d’effectif.

Entre type 2a et 2b, la différence se joue ensuite sur la quantité de détection automatique exigée par la réglementation propre à votre activité.

3. Composition d’un système d’alarme 2b

UEA, CMSI, déclencheurs manuels : qui fait quoi ?

Un système type 2b complet regroupe habituellement :

  • Déclencheurs manuels : les boîtiers rouges disposés sur les chemins d’évacuation. Le premier témoin de fumée appuie, l’alarme se lance.
  • UEA / BAAS type 2b :
    • modèles sonores simples ;
    • versions sonores et lumineuses pour zones bruyantes ou publics malentendants ;
    • parfois à message vocal enregistré.
  • CMSI : il reçoit l’ordre d’alarme, affiche l’information et déclenche les scénarios de mise en sécurité (portes coupe-feu, désenfumage, etc.).
  • Alimentation de sécurité : des batteries qui garantissent la continuité de service même sans secteur.
  • Tableaux de synthèse / dispositifs de commande : pour visualiser l’état de l’installation, réarmer, couper l’alarme si besoin.

Implantation type et niveau sonore à respecter

Pour rester dans les clous, on veille notamment à :

  • poser les DM :
    • à chaque issue et à chaque changement de direction sensible ;
    • dans les dégagements principaux (couloirs, escaliers) ;
    • entre 1,20 m et 1,30 m de haut ;
    • en ne dépassant pas 30 à 40 m entre deux DM, selon le risque.
  • installer les BAAS de façon à :
    • garantir 85 dB(A) minimum là où l’on circule ;
    • dépasser de 5 dB(A) le bruit ambiant normal ;
    • couvrir la totalité des zones où se trouvent public ou personnel.
  • prévoir des BAAS lumineux (ou un message vocal) dans :
    • les espaces très bruyants ;
    • les locaux accueillant des personnes malentendantes ;
    • les endroits à forte réverbération sonore.

N’oubliez pas non plus que les plans d’évacuation affichés près des issues doivent refléter fidèlement la réalité du terrain : DM, BAAS, issues de secours, tout doit y figurer.

4. Installation et mise en conformité

Le fil conducteur d’un projet réussi : audit, étude, pose

Voici une méthode éprouvée pour installer (ou mettre à niveau) une alarme 2b :

  • 1 – Audit de l’existant
    Classement ERP, effectif, niveau de SSI exigé ; relevé des dégagements, niveaux sonores ; état du matériel déjà présent.
  • 2 – Étude et conception
    Découpage en zones, scénarios d’évacuation éventuels, implantation des DM/BAAS/CMSI, calcul de l’alimentation de sécurité.
  • 3 – Installation
    Pose par une entreprise qualifiée, câblage résistant au feu, signalisation des équipements.
  • 4 – Réception et mise en service
    Tests complets, constitution du DOE, mise à jour du registre de sécurité, formation du personnel.

Les bourdes qui fâchent la commission de sécurité

Pour éviter le carton rouge, méfiez-vous :

  • des DM mal placés : trop hauts, dissimulés ou manquants aux issues ;
  • d’un nombre insuffisant de BAAS (zones mortes) ;
  • de l’alimentation de secours absente ou mal entretenue ;
  • du mélange d’appareils incompatibles (marques non certifiées ensemble) ;
  • des plans d’évacuation obsolètes ;
  • de l’absence de liaison avec le CMSI alors qu’elle est obligatoire.

5. Maintenance et tests périodiques obligatoires

Qui fait quoi, quand ?

La loi impose une maintenance préventive régulière. Concrètement :

  • Chaque mois : le ou la responsable sécurité teste au moins un DM par zone, vérifie le déclenchement des BAAS et jette un œil aux voyants du CMSI.
  • Une fois par an : une société spécialisée contrôle l’ensemble du système : DM, diffuseurs, batteries, scénarios de mise en sécurité, signalétique…

Rappel : c’est toujours le chef d’établissement (ou l’exploitant) qui porte la responsabilité finale.

Registre de sécurité : votre meilleur allié

Notez tout : dates, tests effectués, anomalies, actions correctives, coordonnées de l’entreprise intervenante. Ce registre de sécurité est systématiquement épluché par la commission : autant qu’il soit irréprochable.

6. Type 2b vs 2a, 1, 3 et 4 : comment trancher ?

Comparatif technique

Vous hésitez entre plusieurs types ? Le tableau ci-dessous replace chacun dans son contexte et répond à la fameuse question : « Qu’est-ce qu’une alarme de type 2a ?».

Type SSI associé Détection auto. DM CMSI / scénarios Usage type
1 Cat. A Oui (étendue) Oui Oui (complexes) Grands ERP, hôpitaux, IGH
2a Cat. B Oui (partielle) Oui Oui ERP intermédiaires nécessitant détection auto.
2b Cat. B Non ou limité Oui Oui Écoles, commerces, salles moyennes
3 C ou D Non Oui Non Petits ERP, ateliers, petits restos
4 D ou E Non Oui Non Très petits locaux, bureaux, kiosques

Budget et évolutivité : fourchettes de prix

Les tarifs fluctuent selon la surface, le nombre de zones et la complexité du SSI. Comptez, à grands traits :

  • Type 4 : 150 à 500 € HT (sirène autonome + DM).
  • Type 3 : 500 à 2 000 € HT (BAAS + DM, petite surface).
  • Type 2b : entre 2 000 et 8 000 € HT pour un ERP simple :
    • DM : 40 à 80 € HT l’unité ;
    • BAAS / UEA : 150 à 400 € HT pièce ;
    • Tableau de synthèse ou CMSI simplifié : 1 000 à 3 000 € HT ;
    • Câblage, pose, programmation : souvent 30 à 50 % du matériel.
  • Type 2a : 5 000 à 20 000 € HT (détection auto. + centrale plus évoluée).
  • Type 1 : généralement au-delà de 20 000 € HT.

Côté maintenance annuelle, prévoyez généralement de 300 à 800 € HT pour un petit système 2b, davantage si plusieurs bâtiments ou scénarios pointus.

7. Passer d’une alarme 3 ou 4 à une 2b : mode d’emploi

Changement d’activité, agrandissement, hausse de fréquentation : autant de raisons de monter en gamme. Comment procéder sans faux pas ?

  • Vérifier le classement ERP
    Adressez-vous au bureau de contrôle, au SDIS ou à un BET pour confirmer la nécessité d’un SSI B + alarme 2b.
  • Auditer l’existant
    Câblage, DM, BAAS… Certains éléments sont peut-être récupérables, d’autres non.
  • Concevoir le nouveau SSI
    Ajout d’un CMSI si besoin, découpage en zones, définition des scénarios de mise en sécurité.
  • Installer, tester, documenter
    Pose, essais fonctionnels puis mise à jour du registre de sécurité avant le passage de la commission.

8. Audit express : votre check-list minute

Envie d’un premier diagnostic maison ? Passez votre installation au crible avec ces cinq questions :

  • Couverture des DM : un boîtier à chaque issue et à 1,20-1,30 m ? Rien n’est caché derrière une porte ?
  • Audibilité et visibilité : entendez-vous (ou voyez-vous) l’alarme partout, même dans les zones bruyantes ?
  • Alimentation de sécurité : les batteries tiennent-elles la charge après coupure secteur ?
  • Interaction avec le CMSI : un DM déclenche-t-il bien le désenfumage ou l’ouverture des issues ?
  • Registre de sécurité : essais mensuels notés, visites annuelles consignées, plans d’évacuation à jour ?

Conclusion : avancer sereinement

Conçue avec soin, installée dans les règles et entretenue régulièrement, une alarme type 2b est un rouage essentiel de votre SSI catégorie B. Elle doit :

  • respecter scrupuleusement la NF S 61-932 ;
  • diffuser un signal sonore et/ou lumineux efficace partout où il faut ;
  • s’intégrer aux scénarios de mise en sécurité gérés par le CMSI ;
  • faire l’objet d’une maintenance régulière inscrite noir sur blanc dans le registre.

Appuyez-vous sur le mini-audit proposé, puis faites valider le tout par un spécialiste ou un bureau de contrôle. Vous gagnerez du temps, vous dormirez sur vos deux oreilles… et surtout, vous protégerez efficacement vos usagers et vos équipes.

Questions fréquentes sur les alarmes type 2b

Qu’est-ce qu’une alarme de type 2b ?

Une alarme de type 2b est un équipement d’alarme incendie destiné aux ERP de taille moyenne. Elle repose principalement sur des déclencheurs manuels (DM) et des blocs sonores/lumineux (BAAS), sans détection automatique systématique.

C’est quoi un SSI de catégorie B ?

Un SSI de catégorie B est un système de sécurité incendie intermédiaire pour les ERP accueillant un public important. Il inclut un équipement de contrôle, des déclencheurs manuels, parfois des détecteurs automatiques, et un équipement d’alarme type 2a ou 2b.

Quels sont les différents types d’alarmes incendie ?

Il existe cinq types d’alarmes incendie : type 1 (le plus complet), type 2a (avec détection automatique), type 2b (priorité au déclenchement manuel), type 3 (BAAS simplifié) et type 4 (sirène + DM pour petits locaux).

Quelle est la différence entre une alarme type 2a et 2b ?

L’alarme type 2a inclut une détection automatique en plus des déclencheurs manuels, tandis que l’alarme type 2b repose uniquement sur le déclenchement manuel, sans détection automatique systématique.

Quels ERP doivent installer une alarme type 2b ?

Les ERP de taille moyenne, comme les écoles, boutiques ou salles polyvalentes, doivent installer une alarme type 2b. Ces établissements relèvent généralement d’un SSI de catégorie B.

Quel est le niveau sonore requis pour une alarme type 2b ?

Le niveau sonore d’une alarme type 2b doit atteindre au minimum 85 dB(A) à 2 mètres et rester audible dans tous les dégagements et issues empruntés pour l’évacuation.

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