Origine du Travail

Origine du mot "travail"

Le mot latin tripalium désignait le chevalet auquel on attachait les gens pour les torturer, et plus particulièrement pour les fouetter à mort.

Instruments torture

De là est venu le sens que le mot travail avait au Moyen Âge et que l'on retrouve encore dans l'expression " travail à l'enfantement ", c'est à dire à la douleur.

Puis, peu à près, le verbe travailler, qui voulait dire souffrir, a remplacé le vieux terme ouvrer, voisin d'oeuvre et d'ouvrier. Ce qui tend à prouver que nos ancêtres ne consdéraient pas leur labeur quotidien comme une partie de plaisir. On peut noter aussi que le mot vacances n'a pris son sens actuel qu'en 1907.

Étymologie

Sous l'Antiquité, le terme bas latin trepalium (attesté en 582) est une déformation de tripalium, un instrument formé de trois pieux, deux verticaux et un placé en transversale, auquel on attachait les animaux pour les ferrer ou les soigner, ou les esclaves pour les punir.
Apparu au xiie siècle, selon Alain Rey1, le mot « travail » est un déverbal de « travailler », issu du latin populaire « tripaliare », signifiant « tourmenter, torturer avec le trepalium ». Au xiie siècle, le mot désigne aussi un tourment (psychologique) ou une souffrance physique (le travail d'accouchement).
Il existe aussi le verbe latin tribulare « presser avec la herse, écraser (le blé) », au fig. en lat. chrét. « tourmenter ; torturer l'âme pour éprouver sa foi »2. Du cange relate le mot tribulagium qui désigne une corvée due au seigneur consistant à écraser le blé pour faire de la farine où à broyer des pommes pour faire du cidre. Le mot vient du mot latin tribulum qui est une herse destinée à cet effet.

Autre hypothèse avancée pour expliquer l'évolution du mot travail vers son sens moderne :
Le monachisme et le christianisme, très influents au haut Moyen Âge, auraient grandement participé à diffuser une représentation du travail actif, vu cependant comme une conséquence du péché originel. Ainsi les règles édictées par saint Benoît destinées à régler la vie des moines bénédictins. Elles reposent sur trois activités - piliers, dont une activité manuelle effectuée en commun.
Cette activité - dénommée travail - est destinée à la fois à œuvrer pour permettre la subsistance de la communauté, pour développer le bien commun (par exemple : réaliser des défrichages), mais aussi pour expier le péché originel. L'expression « un travail de bénédictin » passée dans le vocabulaire commun avec la signification d'un « Produit résultant d'un labeur considérable » confirme l'idée que cette innovation monastique a pu contribuer à forger et diffuser un sens nouveau au mot travail.

 

Lewis Hine Power house mechanic working on steam pumpMécanicien travaillant sur une machine à vapeur, 1920.

Histoire

Du Moyen Âge à la Période moderne (xixsiècle - xxsiècle)
En Europe occidentale, pendant le Haut Moyen Âge, le mouvement monastique s'est fondé en grande partie sur le travail (voir Règle de saint Benoît), donnant au travail un but de fraternité du point de vue communautaire et aussi d'épanouissement dans la participation au bien commun (pensé en rapport à la création divine).
Jusqu’alors le travail est un signe évident de servitude mais Benoît décide de le faire entrer dans l’éthique chrétienne permettant la plénitude de l’opus dei. Les moines construisent une société chrétienne autant par le travail de leurs mains que par le travail de leur esprit. À la fois centre culturel voué à l’instruction des clercs et à la diffusion des rites officiels et entreprise économique, le monastère bénédictin connaît un succès considérable encouragé par les autorités politiques qui voient dans les ordres monastiques de fidèles alliés pour pacifier et réguler la vie sociale des royaumes barbares.
Parallèlement au travail libre, existait le servage, lequel instaurait une obligation de travail pour les paysans envers leurs seigneurs. En France, le servage a quasiment disparu après la guerre de Cent Ans, et, persistant localement, il a d'abord été aboli dans tout le domaine royal par Louis XVI (en 1779), puis définitivement pendant la Révolution française.

 

Weinbau - Psalter 1180Tacuinum sanitatis : les quatre saisons du travail de la vigne dans un manuscrit du XIIesiècle

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Date de dernière mise à jour : 19/09/2015