Les évolutions récentes des conditions de travail et des risques psychosociaux ?

Les enquêtes « Conditions de travail » menées depuis 1978 permettent de cerner au plus près le travail tel qu’il est perçu par les travailleurs.

Condition de travail 

En 2010 les conditions de travail étaient dans la moyenne européenne, mais des salariés plus souvent exposés à un manque d'autonomie, à des exigences émotionnelles       et à des conflits de valeur.

De 2005 et 2013 des évolutions très marquées : l’intensité du travail a fortement augmenté tandis que les marges d’autonomie ont continué de légèrement diminuer.              Ces tendances se sont-elles poursuivies ? comment ont évolué ces risques ?

Stabilisation des contraintes de rythme de travail

Après une période d’augmentation (tableau 1), l’exposition aux contraintes de rythme sur le travail se stabilise: en 2016 comme en 2013, 35 % des salariés subissent au
moins trois contraintes de rythme de travail parmi sept . Cependant la hausse se poursuit pour les ouvriers non qualifiés (de 46 % à 49 %).

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Léger recul de l’autonomie

L’autonomie et les marges de manœuvre des salariés poursuivent le déclin entamé depuis 1998, et ceci pour toutes les catégories socioprofessionnelles (tableau 3).              Les salariés sont de moins en moins nombreux à « choisir euxmêmes la façon d’atteindre les objectifs fixés » et à « ne pas avoir de délais ou à pouvoir faire varier
les délais fixés ». À catégorie socioprofessionnelle identique, les femmes continuent à avoir moins de latitude pour organiser leur travail que leshommes.
Le travail tend à devenir plus répétitif: 43 % des salariés déclarent « répéter continuellement une même série de gestes ou d’opérations » contre 41 % en 2013 et 27 %            en 2005. Les employés administratifs et les ouvriers y sont plus exposés. C’est pour les ouvriers non qualifiés que la hausse est la plus significative en 2016 (+ 6 points).

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Des horaires un peu moins contraignants

Les contraintes horaires sont stables, une légère amélioration est même observée: les salariés sont un peu moins nombreux en 2016 qu’en 2013 à ne pas disposer de 48h de repos par semaine, à ne pas connaître leurs horaires du mois à venir ou encore à ne pas pouvoir s’arranger avec leurs collègues (tableau 4a). Le contrôle des horaires est
stable pour l’ensemble des salariés, à l’exception des cadres, dont 28 % sont soumis à un contrôle en 2016 contre 25 % en 2013.

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Une charge mentale en baisse

La stabilisation de l’intensité du travail s’accompagne d’une réduction de la charge mentale.
En 2016, 44 % des salariés déclarent « devoir penser à trop de choses à la fois » contre 49 % en 2013 (tableau 2b).

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Enquête de: Marilyne Beque et Amélie Mauroux (Dares)
en collaboration avec Eva Baradji (DGAFP) et Céline Dennevault (Drees).

L'enquête complète ►http://dares.travail-emploi.gouv.fr/dares-etudes-et-statistiques/etudes-et-syntheses/dares-analyses-dares-indicateurs-dares-resultats/article/quelles-sont-les-evolutions-recentes-des-conditions-de-travail-et-des-risques

 

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Date de dernière mise à jour : 17/03/2018